Communiqué : préservons l’enseignement du grec et du latin !

Communiqué de l’UNEF-ENS
L’enseignement du latin et du grec est fondamental pour la formation intellectuelle de tous les élèves et pour la recherche dans de larges pans des sciences humaines.

 

Nous avons découvert avec consternation le projet du ministère de l’éducation nationale concernant l’enseignement du grec et du latin au collège et au lycée. S’il est mis en œuvre à la rentrée 2016, il conduira à marginaliser ces disciplines et à priver la quasi-intégralité des élèves d’options précieuses pour leur formation intellectuelle et leur émancipation.
Transformées en Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), ces matières ne seront proposées que si le chef d’établissement, après avis consultatif du conseil pédagogique, les choisit parmi une liste de 8 EPI concurrents, en fonction des moyens à leur disposition: chaque établissement ne sera tenu de proposer que 6 EPI. La politique de restrictions budgétaires, que la rigueur actuelle tend à aggraver, a de quoi susciter de vives inquiétudes à ce sujet.

L’EPI de 2h « langues et cultures de l’Antiquité » sera dévolu à l’enseignement des aspects civilisationnels. L’enseignement des langues grecque et latine sera réservé à une option d’1 heure en 5ème, de 2h en 4ème et 3ème, si le chef d’établissement le décide, et sur le créneau horaire réservé à l’aide personnalisée. Un tel partage des tâches est aberrant pédagogiquement, et en totale contradiction avec les objectifs de pluridisciplinarité affichés par la ministère.
Celui-ci choisit en réalité de morceler une matière où les bénéfices de la pluridisciplinarité se constatent cours par cours. Le latin et le grec, ce sont en effet :
-l’étude d’une langue étrangère : ses aspects exotiques permettent une approche fine de la grammaire, un sens de l’analyse et de la logique.
-la découverte de l’histoire de l’art.
-la réflexion sur l’histoire, la société, sur les échanges et les héritages culturels, sur les systèmes politiques ;
-l’interprétation affinée des textes de la littérature française et européenne les auteurs français possédaient une culture gréco-latine.
Souvent, la maîtrise du sens des textes ouvre par lui-même à ces horizons divers.
C’est tout cela qu’un enseignement de qualité du grec et du latin permet, années après années, à celles et ceux qui s’engagent dans cette voie. On notera au passage qu’il s’agit surtout de faire des économies budgétaires: les grilles horaires proposaient jusque là 3h de latin par an de la 5ème à la 3ème, et 3h de grec en 3ème. Les langues anciennes sont la variable d’ajustement dans des budgets toujours plus insuffisants.

Déjà optionnels, ces cours accueillent, il est vrai, celles et ceux que leurs parents, souvent par stratégie et volonté de distinction, incitent à s’y inscrire. Et il est vrai que rares sont les établissements où sont à la fois enseignés le latin et le grec. Mais à l’heure actuelle, ces options sont ouvertes à tous. La réforme envisagée, aura pour effet de renforcer le caractère élitiste de ces disciplines alors qu’il faudrait au contraire le combattre pied à pied. Cela équivaudrait à supprimer les musées parce qu’ils seraient peu fréquentés, au lieu de se demander comment améliorer leur fréquentation!

Une considération pragmatique entre aussi en ligne de compte dans notre réaction : Le gouvernement, manifestement peu soucieux des impératifs de la recherche dans les sciences humaines, ne se rend pas compte des conséquences qu’à moyen terme, cette réforme aurait sur de larges secteurs de la recherche en histoire, en lettres ou en philosophie. Comment ces domaines pourraient-ils rester indemnes alors qu’on tarira le vivier des étudiants familiarisés avec les langues latine et grecque ? D’autant que la réforme ne prévoit aucun changement dans la formation des enseignants de lettres, qui devront assurer l’EPI sans avoir forcément étudié le grec ou le latin durant leur parcours.

L’UNEF-ENS invite donc à signer la pétition disponible sur le site Avaaz :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Madame_la_Ministre_Latin_et_grec_ancien_pour_tous_les_eleves_dans_tous_les_etablissements/?mDZAljb

 

 

Elections au CA de l’ENS : la profession de foi de l’UNEF-ENS !

Vendredi 25 octobre, élisez les candidats défendant le programme de l’UNEF-ENS !

Voter pour l’UNEF-ENS, c’est choisir une équipe efficace, motivée, dont le travail collectif a déjà porté ses fruits. Une équipe pleinement consciente des problèmes de l’ENS et de son inscription dans le paysage de l’enseignement supérieur.
Les étudiants de l’école, élèves et diplômants, ne peuvent peser autant que nous le souhaiterions dans les instances non démocratiques de notre école. Mais cette élection, et les CA, sont l’occasion de faire entendre notre voix.

Comme les années précédentes, nous vous informerons des enjeux de chacun des CA et des décisions prises, pour que règne une plus grande transparence sur le fonctionnement de l’ENS et de PSL*. Nous porterons des propositions mais saurons aussi nous opposer quand il le faudra !

Nous organiserons des réunions préparatoires pour débattre de nos positionnements.
Nous vous consultons régulièrement (questionnaire, réunions, boîte mail) et continuerons de le faire. L’an dernier, par exemple, vous aviez été nombreux à répondre à notre questionnaire sur la première année.
Voter pour l’UNEF, c’est avoir l’ambition d’améliorer nos conditions de vie et d’études. Nous défendons le statut de fonctionnaire stagiaire (engagement décennal comme salaire),.et demandons une augmentation du fonds d’aide d’urgence pour les étudiants précaires. Il faut dégager une ligne budgétaire pour les diplômants, faire passer le fonds à un niveau supérieur pour qu’il ne s’agisse plus seulement d’une aide ponctuelle  !

Nous nous préoccupons de la question du logement : c’est nous qui, il y a deux ans, avons pris l’initiative de contacter des bâilleurs sociaux afin de trouver des solutions pour accroître le parc immobilier de l’école. Nous avons porté la revendication de la rénovation des internats.

Nous voulons une école ouverte, démocratique, prenant au sérieux les questions universitaires et la formation à la recherche !

Nous voulons une école de formation aux métiers de la fonction publique, en conformité avec la vocation première de l’établissement.

L »excellence » ne peut avoir qu’un sens à l’ENS : la qualité des formations dispensées, non la place de l’école dans des classements internationaux ou sa » compétitivité » vis-à-vis des autres établissements d’enseignements supérieurs et de recherche. Vous tous qui vous reconnaissez dans ce projet pour notre Ecole, votez pour nous vendredi !

P.S :

Vous pouvez aussi voter par procuration.

Pour toute question, contactez-nous à l’adresse suivante : unef.ens@gmail.com